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ou de ce fronton dressé au point de rencontre des grades routes mondiales, la blanche étoile rayonnera constamment vers toutes les nations comme un signe de prospérité et de fraternité. Mais si par son étoile le nouvel État dit aux autres : c’est ici que des hommes séparés se sont heureusement rapprochés, par la couleur de son drapeau il leur donnera à tous cette même espérance.

Or ce sera la personnalité du nouvel État, ce sera sa raison d’être et sa vocation de travailler à la réalisation de cette espérance. Il ne sera plus l’obscur Moresnet-Neutre que personne ne connaît encore, il sera Amikejo, le lieu des amis, le temple de l’amitié, et quand vous ouvrirez la table alphabétique des États, il s’offrira symboliquement un des premiers à vos regards.

Appel.

Je m’adresse aux espérantistes. Ils savent que si une langue commune est un lien social entre des hommes que séparent leurs langues maternelles, l’Esperanto est le lien social par excellence, car en faisant une synthèse des langues civilisées il a obtenu et retenu l’essence de l’esprit humain. L’esperanto est à ce titre un véhicule de civilisation. Dès qu’il se manifeste dans un esprit, il lui découvre ce qu’il a de commun avec des millions d’esprits de vingt nations différentes et l’oblige à se considérer sosu son aspect le plus universel, c’est-à-dire le plus moral. De cet esprit régénéré il cherche à sortir pour opérer chez d’autres la même transformations, et de ceux-ci passant à ceux-là où il accomplit le même travail, non seulement en cette diffusion il n’affaiblit point sa vertu, mais elle devient de jour en jour plus contagieuse. Toutes les langues ont leur génie : quel