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latif (j’entends les dix conseillers municipaux du village) adopte la nouvelle langue comme langue de l’État. Au reste ces législateurs sont des commerçants, ainsi ils auront été des premiers du lieu à la parler.

Dès lors commence à s’exercer le prestige d’un État. La terre espérantiste attirait les voyageurs de commerce, l’État espérantiste attire les autres, et ce sont les plus nombreux. Ils sont très nombreux dans cette région où passent les plus grandes routes internationales du monde. Parlant des langues diverses, ils seront bien aises de reconnaître ces diverses langues dans une langue qui les unit, et ce leur sera un motif suffisant pour en user ; d’autant plus qu’ils en auront fait l’apprentissage. Avant d’entreprendre un voyage à l’étranger, on commence par en étudier la langue : ils sauront déjà l’essentiel de l’Esperanto.

De plus, les enfants qui cessent à peine de bégayer apprendront à leur tour la nouvelle langue, mais, chose inédite, ils l’apprendront à la façon d’une langue maternelle, et après la terre espérantiste, après l’État espérantiste, nous aurons un commencement de nation espérantiste.

J’exagère, j’exagère beaucoup.

Que serait-ce si je prétendais que le Moresnet-Neutre, heureux de sa prospérité commerciale, fera flotter aux jours de fête nés de la richesse commune, non seulement au-dessus des maisons particulières, mais encore au-dessus des édifices et monuments publics le drapeau vert à blanche étoile, symbole de cette prospérité et aussi de l’union fraternelle des hommes. Et non seulement aux jours de fête, mais encore tous les autres jours, parce que ce sont les jours de travail, le Moresnet-Neutre fera flotter le drapeau vert à blanche étoile au-dessus du siège de son gouvernement, et, du haut de cette coupole