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auriez contre vous notamment ceux que vous approuvez, les hommes de l’action. Ceux-ci, en effet, savent par expérience combien il est difficile de mener à bonne fin une petite entreprise et condamnent d’avance la vôtre. Et puis :

Comment déciderez-vous les voyageurs internationaux qui passent dans les environs du Moresnet-Neutre à faire route vers ce territoire ?

Comment les déciderez-vous à y repasser si la curiosité les y a amenés une fois ?

Comment les astreindrez-vous eux, nomades, à apprendre une langue utile seulement — et problématiquement — dans un pays où ils viennent s’arrêter une heure et où ils ne seront jamais sûrs de revenir ?

Comment et de quel droit les espérantistes s’approprieront-ils l’administration d’un territoire qui n’est pas à eux ?

Cette réalisation n’est pas une utopie.

Je sais qu’il n’y a pas un homme sur mille qui croit à la réalisation de ce projet ; mais, il y a dix ans, il n’y avait pas un homme sur un million qui crût à la réalisation de la télégraphie sans fil. Eh bien, mon idée possède déjà quelques adeptes, quoique je ne l’aie pas soumise à un million d’individus. Cela dit, je réponds aux quatre objections.

I. Comment déciderez-vous les voyageurs internationaux qui passent dans les environs du Moresnet-Neutre à faire route vers ce territoire ?

Les journaux hollandais, allemands et belges qui paraissent aux alentours du Moresnet-Neutre inviteront ces voyageurs à faire le crochet nécessaire, dès qu’il y