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Liège, soit à Aix-la-Chapelle, stations riches en embranchements, et il leur suffirait d’allonger leur itinéraire de cent kilomètres au plus, — or ces voyageurs dont les parcours ont des milliers de kilomètres n’y regardent pas de si près — pour que le Moresnet-Neutre fût le point de convergence et de divergence, le carrefour, la plaque tournante de tous les chemins commerciaux du monde. Indubitablement ce serait l’apparition d’une nouvelle force au sein de l’humanité. Ce point de croisement, où chaque jour, à toute heure, se rencontreraient les nombreuses et interminables séries des hommes de l’action, résonnerait sans cesse d’une même langue, et aux jours où viendraient à résonner exactement les mêmes mots, ces mots s’imposeraient à l’univers et seraient aussi de l’action. Le rapprochement des hommes que doit nécessairement entraîner l’activité commerciale aurait des chances de s’effectuer de moins violente façon, puisque ce sont les hommes de l’activité commerciale eux-mêmes qui, opposés et, en un sens, unis aux hommes de la connaissance pure, préviendraient les heurts et les secousses de ce mouvement nécessaire. — Vous réussiriez d’autant mieux que le siège de votre hanse serait un État indépendant. Cela donne en effet du prestige et une grande liberté d’allure et vous vaudrait avec les autres États des relations essentiellement courtoises, puisque votre État n’aurait pas d’intérêt personnel. Aucun lieu n’offre à votre projet les avantages du Moresnet-Neutre. Mais si le Moresnet-Neutre est quelque part, votre réalisation est une utopie.

D’abord, c’est l’opinion d’un grand nombre de vos lecteurs. Pour les autres, ils vous lisent en hochant la tête. S’il vous arrivait quelque adhésion, elle viendrait sûrement d’un de ces hommes de la connaissance pure qui ne vérifient point leurs idées sur les choses. Vous