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Page:Rousseau - Fragments inédits éd. Jansen 1882.djvu/89

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Le marquis de Girardin, profitant de la circonstance, s’empara, immédiatement après la mort de Rousseau , de tous ses papiers, décacheta les Confessions et les fit voir à quelques personnes, mais il cacha perfidement cette découverte à Moultou et à DU Peyrou, à qui il s’était associé pour prendre soin de la mémoire de Rousseau et de l’existence de sa veuve. (183) Ce ne fut que nombre d’années plus tard qu’il fut forcé de rendre îsa proie* à ThErèse Levasseur, qui offrit enfin le manuscrit des Confessions à la Convention.

Nous nous rappelons que deux ou trois des hommes de lettres à qui l’auteur, dans l’hiver de 1770 à 1771 , avait lu l’histoire de sa vie, en ont parlé dans !es journaux en 1771. Mais personne n’a fait imprimer une partie quelconque des Confessions avant la mort de Rousseau. Il est certain seulement qu’avant le 10 décembre 1778 i-on avait fait conmùtret^ au public -la belle préface . . des Mémoires.* (184)

Grimm s’empara habilement, il est vrai, de cet article sur les Confessions, mais il n’en publia qu’une paraphrase comique de sa façon. (Musset Pathay , Oeuvres inédites de J.-J. Rousseau I. 446). — Le Tourneur, dans la brochure intitulée Voyage à Ermenonville 1788, a publié un passage de la seconde partie des Confessions, où Rousseau parle de l’exposition de ses enfants. Le Tourneur a donc vu le manuscrit des Confessions que le marquis de Girardin possédait alors. Si les auteurs du Journal de Paris en 1788 et le comte BarruelBeauvert en 1789 (Vie de Jean-Jacques Rousseau) firent imprimerie même passage, ils l’ont tiré de la brochure de Le Tourneur.

Trois ans après la mort de Rousseau, en 1781, Paul Moultou, d’accord avec son ami du Peyrou, fit imprimer à Genève les six premiers livres des Confessions. Il mourut en 1787, et son fils Pierre Moultou, étant devenu le dépositaire des manuscrits de Rousseau, publia à Genève, en 1788, aussi la seconde partie de cet ouvrage.

Du Peyrou, peut-être indigné de n’avoir pas été consulté sur cette publication, la reprocha comme une indiscrétion impardonnable envers l’auteur et comme un factum plein de «corrections ridicules du style, d’infidélités, et de falsifications.! (185) C’est probablement pour fournir !a preuve de son dire , qu’il fit imprimer en 1790 La seconde partie des Confessions de //• Rousseau, édition enrichie d’un nouveau recueil de ses le/ires. Neuchâtel. Chez Fauche-Borel. Cette édition (5 vol. in-S" ou 7 vol.

(183) Voyei note 181; Pièces relatives elc.

(184) »LMlre sur J.-J. Rousseau par M*" à Genive, et se trouve à Paris etc. M.DCC.L.XXX (adresse écrite Paris le 10 décembre 1778 à M. D’E . . . .• c’est à dire, M, d’Escherny). — Cette brochure a été réimprimée dans la. Collection compltle des Oeuvres de y. -y. Rousseau etc. Genive 178Î. XXIX. p. 371 etc. Vojei p. 440.

(185) Voyez la note 181 : Pièces relatives etc.