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Page:Rousseau - Fragments inédits éd. Jansen 1882.djvu/83

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Suite et fin des confessions 73

années de sa vie, de sorte que son dernier ouvrage intitulé Les Kêveries du promeneur solitaire respire encore une fois la paix et la résignation de son âme. sSeul pour le reste de ma vie, dit-il dans ce livre, puisque je ne trouve qu’en moi la consolation, l’espérance et la paix, je ne dois ni ne veux plus m’occuper que de moi. C’est dans cet état que je reprends la suite de

l’examen sévère et sincère que j’appelai jadis mes Confessions

Ces feuilles peuvent donc être regardées comme un appendice de mes Ctm/essions; mais je ne leur en donne plus le titre, ne sentant plus rien à dire qui puisse le mériter. Mon cœur s’est purifié à la coupelle de l’adversité, et j’y trouve k peine, en le sondant avec soin, quelque reste de penchant répréhensible. Qu’aurais-je encore à confesser . . ? (173)

Ainsi les Dialogues et les Rêveries sont le complément et l’appendice, la suite et la fin des Confessions, et ces trois ouvrages forment un tout. Il y eut un moment où les Dialogues, en tant que renfermant la justification de l’auteur, lui tinrent beaucoup plus au cœur que les Confessions, qui alors ne pouvaient que trop passer pour un réquisitoire, C’est à ce moment que Rousseau médita le projet bizarre de placer cet écrit, en »dépôt remis à la Providence» , sur le grand autel de Notre-Dame de Paris, croyant, squ’il pouvait arriver que le bruit de cette action fît parvenir son manuscrit jusque sous les yeux du roi.< Ce projet ayant échoué, le 24 février 1776 il déposa un exemplaire des Dialogues, cacheté de cinq sceaux, entre les mains de son vieil ami, l’abbé ErrENNE Bonnot de Condillac, à la con- dition >qu’il ne fût point imprimé ni connu avant la fin du siècle présent.» Un second exemplaire — mais qui ne contient que le premier livre des Dialogues — fut confié à M. Brooks B00TH8Y, jeune Anglais qui avait été le voisin de Rousseau à WoOTTON et qui, revenant d’Italie, traversait Paris en avril 1776. Enfin Rousseau a remis, dans les premiers jours de mai 1778, un troisième exemplaire à son vieil ami Paul Moultou de Genève , et après la mort de l’auteur on trouve encore trois autres copies des Dialogues. (174)

(173I Ibid. Jftveries IX, p. 31g etc.

(174) Otuvris compl. Rousseau jugt de Jean-Jacquts Dialogues. Histoire du procédait écrit. IX. p. 316 etc. — V.: Notice sur la vit et Us ouviages de M. PiHieux aîné de Beaugemy etc. par C. J. Vergnaud-Roniagnesi. Paris 1833. p. 8 note. Le lecteur y trouvera la descriptiori et l’histoire du manuscrit des Dialogues remis à l’abW de Condillac. — Mimeires de J.-J. Rousseau. Rmtssean juge de yian-yaequet. Dialogues. D’aprÈs le manuscrit de M. Rousseau, laissé entre les mains de M. Brooks Boothby etc. À Lightfield. Chez J. Jackson, aux dépens de l’éditeur. Et se trouve à Londres chez Dodsiey et Cadell. M.DCC.LXXX. — Pour le manuscrit de Moultou, voyez les articles de M. Ernest Naville dans la Bibliotlûque universelle. Avril et mai 1S62. — Suiva.nt une lettre de la ifame deu gean ieacque rousseau’ (Thérèse Levasseur) à M. Du Peyrou , Du Plessis-Belleville le 18 janvier 17S0, il existait un quatrième manuscrit des Dialogues, qui se trouva lors de la mort de Ronsseau parmi ses papiers, (La lettre de Thérèse Levasscur est