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Page:Rousseau - Fragments inédits éd. Jansen 1882.djvu/59

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Seconde rédaction définitive de la première partie etc. 49

principales raisons pourquoi je suis si soigneusement surveillé.’ {106) Dans ses angoisses il ne cherchait qu’à sauver ses manuscrits et ses documents. Dès le mois de mars M. du Peyrou avait chargé M, de Cerjeat, qui habitait Londres, de les envoyer chercher à Wootton par un exprès et de les lui transmettre. Mais Rousseau ne cessa point de craindre pour la conservation de ses papiers. >On les guette . . ., écrivait-il à M, du Pbvrou, le 2 avril 1767, on les guette .... au passage, et l’on espère bien qu’ils n’échapperont pas.« (107) Cependant le précieux dépôt parvint sûrement entre les mains de M. du Peyrou à Neuchitel. Rousseau ne gardant lui-même que les papiers relatifs à son séjour en Angleterre, prit la fuite de Wootton, le 30 avril 1767; puis, après avoir séjourné quelque temps à Spalding, il s’arrêta à Douvres, tourmenté de l’idée fixe d’être prisonnier d’État entre les mains du général Conway. Pour obtenir l’autorisation de quitter l’Angleterre, il écrivit à ce dernier, probablement le 20 mai 1767, une longue lettre navrante où il se déclarait prêt à tous les sacrifices; il lui proposa en guise de rançon d’accepter enfin la pension que le roi d’Angle- terre lui avait destinée et qu’il avait toujours refusée en déclarant qu’il donnerait par cela la meilleure garantie qu’il ne médirait jamais du gouvernement et du peuple anglais; il se tairait au sujet de M. Hume ou n’en parlerait qu’avec respect; il modifierait même à son égard ses jugemements antérieurs ; 11 abandonnerait enfin pour toujours le projet d’écrire sa vie, et remettrait entre les mains du général tous ses papiers relatifs à l’Angleterre qui se trouvaient encore dans ce pays déposés chez des tiers, et auxquels il voulait encore en ajouter quelques autres d’importants, qu’il avait conservés lui-même. (toSa)

Naturellement l’infortuné Rousseau n’eut point à exécuter ces propositions, que lui avait suggérées son esprit malade; il put rentrer en France sans obstacle et s’y réfugier, dans la seconde moitié de juin 1767, au Château de Trye, que la bienveillance du prince de Conti avait mis à sa disposition.

Ce fut là que, recouvrant du moins pour quelque temps la tranquillité de son âme, il reprit le travail de ses Confessions. Dans l’automne de 1767, son ami du Peyrou étant allé le voir à, Trye, lui reporta le volume (manuscrit), relié en veau fauve, qui contenait la seconde rédaction de la première partie des Confessions et qui lui avait été envoyé d’Angleterre sous enveloppe et cacheté. (io8b)

»J’ écrivais*, dit Rousseau, »la première (partie) avec plaisii’, avec complaisance, à mon aise, à Wootton ou dans le Château

(106) Oeuvres compl. Correspondance XII. p. II. . (107) Ib. XII. p. 9.

(108a) Oeuvres csmpt. Corrisp. Rousseau à M. le général Conwaj’, Douvres .. . 1767. XII. 14 etc. I

(108b) Mussel-Pathay, Histoire de la vil de J.-J- Rousseau H. p, 464. .