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Page:Rousseau - Fragments inédits éd. Jansen 1882.djvu/33

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Réponse de J.-J- Rousseau à l’arrest du parlement

A. p. 4: »Que l’auteur de ce Livre n’ayant point craint de se nommer lui-même, ne scauroit être trop promptement pour- suivi ; qu’il est important, puisqu’il s’est faire connoître, que la justice se mette à portée de faire un exemple tant sur l’auteur que sur ceux qu’on pourra découvrir avoir con- couru soit à l’impression, soit à la distribution d’un pareil Ouvrage digne comme eux de tout la sévérité.»

R.: sL’intolérance civile sur les articles de foy qui a tant exterminé d’hommes et bouleversé de sociétés et d’états est si dangereuse qu’elle ne doit être décidée que par la légis- lation souveraine et avec toutes les précautions qu’odgent des loix si violentes; car les loix extrêmes doivent être limi- tées, variées, suspendues, abolies suivant les temps et les circonstances, parce qu’elles ne peuvent être licitées qu’autant qu’elles sont bonnes à réprimer les desordres du fanatisme, des sectaires, des enthousiastes et des intolérants. Ainsi rigou- reusement parlant ce ne sont que des loix politiques et noft des loix d’intolérance qui violentent la foy sincère des citoiens. L’intolérance ecclésiastique n’est qu’une séparation en règle des fidèles d’avec les infidèles, mais une intolérance civile en cet égard est une violence cruelle qui s’exerce sur les citoieas et qui ne doit être donnée à la jurisdîction du tribunal qu’avec beaucoup de circonspection et de reserve par l’au- thorité suprême. Cette justice serait subreptice surtout étant établie sur des principes si inconnus, si extraordinaires; quelle terrible inquisition! Mais elle ne proscrit pas le danger de faire des exemples qui déroutent et irritent les autheurs et qui renvoient aux presses étrangères la liberté de penser.c