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Page:Rousseau - Fragments inédits éd. Jansen 1882.djvu/31

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Réponse deJ.-J. Rousseau à l’arrfst du parlement

R.: -jC’est de l’évidence încontestabie et non de la vérité dont il s’agit dans le livre de l’autheur; toutes les religions chrétiennes ont pour base la révélation; ROUSSEAU n’en rejette aucune, il n’exclue donc pas la révélation, il croit qu’il doit rester dans la religion chrétienne où il est né; les chrétiens ont disputé quelques points de la révélation, l’on a lu de part et d’autre l’écriture et les prophètes, on a emploie le fer et le feu: la vieille querelle est restée, les esprits se sont refroidis, le fanatisme a disparu, le calme s’est rétabli, les enthousiastes même auroient honte aujourdhui de s’animer contre le langage des protestants, «

A. p. j: (Continuation.) :;et que ramenant tout à cette Religion naturelle dans laquelle il n’admet çu’uit culte et des loix arbitraires^

R.: ïQuel dédain, grand dieu, et quel bouleversement! on détruit dans ce réquisitoire l’idée du juste et de l’injuste absolu ; o verbe divin, lumière étemelle, on ne vous reconnaît plus icyl«

A. p. 3.’ . . >il entreprend de justifier non-seulement toutes les religions, prétendant qu’on s’y sauve indistinctement, mais même l’infidélité et la résistance de tout homme à qui l’on voudroit prouver la divinité de jesus Christ.*

R.: sCette résistance sincère ne peut cesser que par la foy qui est un don de dieu, qui n’est point accordé à tous les hommes; mais les commandemens de dieu sont pour les hommes et sont obligatoires ainsi que les loix du prince pour les hommes indépendamment de la foy. Or dans le sîstème de ce réquisitoire, celui qui n’aurait pas la foy ne serait pas obligé de les observer, puisqu’il les observerait en vain pour son salut. Voilà le Jansénisme dogmatique tout à découvert sur les fleurs de lis. On confond donc icy avec la foy la croyance d’une vie future, du mérite et du démérite des autres, de la punition et de la recompense après la mort et de toutes vérités conséquentes à la religion naturelle qui ont été crues dans tous les temps par tous les peuples privés de la révélation.!^

A. p. 3 - (Continuation) »et l’existence de la Religion chrétienne qui seule a Dieu pour auteur-