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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/74

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d’oter toute prise à la chicane. Je ne suis pas tout-à-fait de cet avis, & je crois qu’il faut laisser des osselets aux enfans.

Il est aussi bien des Lecteurs qui les goûteront mieux dans un style tout uni, que sous cet habit de cérémonie qu’exigent les Discours Académiques. Je suis fort du goût de ces Lecteurs-là. Voici donc un point dans lequel je puis me conformer au sentiment de mes Censeurs, comme je fais dès aujourd’hui.

J’ignore quel est l’adversaire dont on me menace dans le post scriptum ; tel qu’il puisse être, je ne saurois me résoudre à répondre à un ouvrage, avant que de l’avoir lu, ni à me tenir pour battu, avant que d’avoir été attaqué.

Au surplus, soit que je réponde aux critiques qui me sont annoncées, soit que je me contente de publier l’ouvrage augmenté qu’on me demande, j’avertis mes Censeurs qu’ils pourroient bien. n’y pas trouver les modifications qu’ils esperent ; je prévois que quand il sera question de me défendre, je suivrai sans scrupule toutes les conséquences de mes principes.

Je sais d’avance avec quels grands mots on m’attaquera, Lumieres, connoissances, loix, morale, raison, bienséance, égards, douceur, aménité, politesse, éducation, &c. à tout cela je ne répondrai que, par deux autres mots, qui sonnent encore plus sort à mon oreille. Vertu, vérité ! m’écrierai-je sans cesse, vérité, vertu ! Si quelqu’un n’apperçoit-là que des mots, je n’ai plus rien à lui dire.