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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/595

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la naiſſance & la forme des feuilles & des branches, & même autant qu’il ſe peut, quelque portion de la tige ; car, comme vous verrez dans la ſuite, tout cela ſert à diſtinguer les eſpeces différentes des mêmes genres qui ſont parfaitement ſemblables par la fleur & le fruit. Si les branches ſont trop épaiſſes, on les amincit avec un couteau ou canif, en diminuant adroitement par-deſſous de leur épaiſſeur autant que cela ſe peut ſans couper & mutiler les feuilles. Il y a des Botaniſtes qui ont la patience de fendre l’écorce de la banche & d’en tirer adroitement le bois, de façon que l’écorce rejointe paroît vous montrer encore la branche entiere, quoique le bois n’y ſois plus. Au moyen de quoi l’on n’a point entre les papiers des épaiſſeurs & boſſes trop conſidérables, qui gâtent, défigurent l’Herbier, & font prendre une mauvaiſe forme aux plantes. Dans les plantes où les fleurs & les feuilles ne viennent pas en même tems, ou naiſſent trop loin les unes des autres, on prend une petite branche à fleurs & une petite branche à feuilles, & les plaçant enſemble dans le même papier, on offre ainſi à l’œil les diverſes parties de la même plante, ſuffiſantes pour la faire reconnoître. Quant aux plantes où l’on ne trouve que des feuilles, & dont la fleur n’eſt pas encore venue ou eſt déjà paſſée, il les faut laiſſer, & attendre, pour les reconnoître, qu’elles montrent leur viſage, Une plante n’eſt pas plus ſurement reconnoiſſable à ſon feuillage, qu’un homme à ſon habit.

Tel eſt le choix qu’il faut mettre dans ce qu’on cueille : il en faut mettre auſſi dans le moment qu’on prend pour cela. Les plantes cueillies le matin à la roſée, ou le ſoir à l’humi-