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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/592

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des chers gages de ſon attachement & des ſoins continuels qu’ils vous demandent.

La terre commence à verdir, les arbres à bourgeonner, les fleurs à s’épanouir ; il y en a déjà de paſſées ; un moment de retard pour la Botanique, nous reculeroit d’une année entiere : ainſi j’y paſſe ſans autre préambule.

Je crains que nous ne l’ayons traitée juſqu’ici d’une maniere trop abſtraite, en n’appliquant point nos idées ſur des objets déterminés : c’eſt le défaut dans lequel je ſuis tombé, principalement à l’égard des ombelliferes. Si j’avois commencé par vous en mettre une ſous les yeux, je vous aurois épargné une application très-fatigante ſur un objet imaginaire, & à moi des deſcriptions difficiles, auxquelles un ſimple coup-d’œil auroit ſupplée. Malheureuſement, à la diſtance où la loi de la néceſſité me tient de vous, je ne ſuis pas à portée de vous montrer du doigt les objets ; mais ſi chacun de notre côté nous en pouvons avoir ſous les yeux de ſemblables, nous nous entendrons très-bien l’un l’autre en parlant de ce que nous voyons. Toute la difficulté eſt qu’il faut que l’indication vienne de vous ; car vous envoyer d’ici des plantes ſeches, ſeroit ne rien faire. Pour rien reconnoître une plante, il faut commencer par la voir ſur pied. Les Herbiers ſervent de mémoratifs pour celles qu’on a déjà connues ; mais ils font mal connoître celles qu’on n’a pas vues auparavant. C’eſt donc à vous de m’envoyer des plantes que vous voudrez connoître & que vous aurez cueillies ſur pied ; & c’eſt à moi de vous les nommer, de les claſſer, de les décrire ; juſqu’à ce que par des idées comparatives, devenues familieres à vos