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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/577

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couronne pour la douceur & la conſtance avec laquelle vous daignez me ſuivre à travers ces brouſſailles, ſans vous rebuter de leurs épines.

LETTRE VI.

Du 2 Mai 1773.

QUoiqu’il vous reſte, chere Couſine, bien des choſes, à deſirer dans les notions de nos cinq premieres familles, & que je n’aye pas toujours ſu mettre mes deſcriptions à la portée de notre petite Botanophile, (amatrice de la Botanique), je crois néanmoins vous en avoir donné une idée ſuffiſante, pour pouvoir, après quelques mois d’herboriſation, vous familiariſer avec l’idée générale du port de chaque famille : en ſorte qu’a l’aſpect d’une plante, vous puiſſiez conjecture à-peu-près ſi elle appartient à quelqu’une des cinq familles & à laquelle ; ſauf à vérifier enſuite par l’analyſe de la fructification ſi vous vous êtes trompée ou non dans votre conjecture. Les ombelliferes, par exemple, vous ont jetté dans quelque embarras, mais dont vous pouvez ſortir quand il vous plaira, au moyen des indications que j’ai jointes aux deſcriptions : car enfin les Carottes ; les Panais, ſont choſes ſi communes, que rien n’eſt plus aiſé dans le milieu de l’été que de ſe faire montrer l’une ou l’autre en fleurs dans un potage. Or au ſimple aſpect de l’ombelle & de la plante qui la porte, on doit prendre une idée ſi nette des ombelliferes,