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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/566

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votre pauvre maman qui porte-à-porte, ſentoit pourtant ſi cruellement ſa ſéparation d’avec vous, comment ſupportera-t-elle la ſienne à une ſi grande diſtance ? C’eſt de vous encore qu’elle tiendra ſes dédommagemens & ſes reſſources. Vous lui en ménagez une bien précieuſe en aſſoupliſſant dans vos douces mains la bonne & forte étoffe de votre favorite, qui, je n’en doute point, deviendra par vos ſoins auſſi pleine de grandes qualités que de charmes. Ah couſine, l’heureuſe mere que la vôtre !

Savez-vous que je commence à être en peine du petit herbier ? Je n’en ai d’aucune part aucune nouvelle, quoique j’en aye eu de M. G. depuis ſon retour, par ſa femme qui ne me dit pas de ſa part un ſeul mot ſur cet herbier. Je lui en ai demandé des nouvelles ; j’attends ſa réponſe. J’ai grand’peur que ne paſſant pas à Lyon, il n’ait confié le paquet à quelque quidam, qui ſachant que c’etoient des herbes ſeches aura pris tout cela pour du foin. Cependant, ſi comme je l’eſpere encore, il parvient enfin à votre ſœur Julie ou à vous, vous trouverez que je n’ai pas laiſſé d’y prendre quelque ſoin. C’eſt une perte qui, quoique petite, ne me ſeroit pas facile à réparer promptement, ſur-tout à cauſe du catalogue accompagné de divers petits éclairciſſemens ecrits ſur-le-champ, & dont je n’ai gardé aucun double.

Conſolez-vous, bonne Couſine, de n’avoir pas vu les glandes des cruciferes. De grands Botaniſtes très-bien oculés ne les ont pas mieux vues. Tournefort lui-même n’en fait aucune mention. Elles ſont bien claires dans peu de genres, quoiqu’on en trouve des veſtiges preſque dans tous, & c’eſt à