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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/556

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par la priſe mince qu’il vous préſente, de peur d’enlever avec lui ce qu’il enveloppe. Je ſuis ſur qu’au moment ou ce dernier pétale ſera forcé de lâcher priſe & de déceler le myſtere qu’il cache, vous ne pourrez en l’appercevant vous abſtenir de faire un cri de ſurpriſe & d’admiration.

Le jeune fruit qu’enveloppoit la nacelle eſt conſtruit de cette maniere. Une membrane cylindrique terminée par dix filets bien diſtincts entoure l’ovaire, c’eſt-à-dire, l’embrion de la gouſſe. Ces dix filets ſont autant d’étamines qui ſe réuniſſent par le bas autour du germe & ſe terminent par le haut en autant d’anthères jaunes dont la pouſſiere va ſéconder le ſtigmate qui termine le piſtil, & qui, quoique jaune auſſi par la pouſſiere fécondante qui s’y attache, ſe diſtingue aiſément des étamine par ſa figure & par ſa groſſeur. Ainſi ces dix étamines forment encore autour de l’ovaire une derniere cuiraſſe pour le préſerver des injures du dehors.

Si vous y regardez de bien près, vous trouverez que ces dix étamines ne ſont par leur baſe un ſeul corps qu’en apparence. Car dans la partie ſupérieure de ce cylindre il y a une piece ou étamine qui d’abord paroît adhérente aux autres, mais qui à meſure que la fleur ſe fane & que le fruit groſſit, ſe détache & laiſſe une ouverture en-deſſus par laquelle ce fruit groſſiſſant peut s’étendre en entrouvrant & écartant de plus le cylindre qui ſans cela le comprimant & l’étranglant tout autour l’empêcheroit de groſſir & de profiter. Si la fleur n’eſt pas aſſez avancée, vous ne verrez pas cette étamine détachée du cylindre ; mais paſſez un camion dans deux petits trous que vous trouverez près du réceptacle à la baſe