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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/441

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“Pourvu qu’il n’échappe pas, que le juste, que l’innocent périsse, qu’importe ? Mais qu’ai-je dit, l’innocent ? Nul ne l’est, & dans cette odieuse race, en est-il un seul qui ne soit notre ennemi ? Oui, s’il en est d’exempts de ce délit, qu’ils portent la peine due à tous pour leur haine ; que tous périssent, l’un comme voleur & les autres comme Chrétiens. Venez, mes loyaux, apportez la flamme & le fer. Tuez & brûlez sans miséricorde.”

C est ainsi qu’il parle à son peuple. Le bruit de ce danger parvient bientôt aux Chrétiens. Saisis, glacés d’effroi par l’aspect de la mort prochaine, nul ne songe à fuir ni à se défendre ; nul n’ose tenter les excuses ni les prieres. Timides, irrésolus, ils attendoient leur destinée, quand ils virent arriver leur salut, d’où ils j’espéroient le moins.

Parmi étoit une, vierge, déjà nubile, d’une aine sublime, d’une beauté d’ange qu’elle néglige ou dont elle ne prend que les soins dont l’honnêteté se pare, & ce qui ajoute au prix de ses charmes, dans les murs d’une étroite enceinte elle les soustrait aux yeux & aux vœux des amans.