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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/439

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Soit qu’en effet ce fût un coup d’adresse d’une main pieuse, ou un prodige du Ciel indigné que l’image de sa Souveraine soit prostituée en un lieu souillé, il est édifiant, il est juste de faire céder le zele & la piété des hommes, & de croire que le coup est venu d’en-haut.

Le Roi fit faire dans chaque Eglise & dans chaque maison la plus importune recherche, & décerna de grands prix & de grandes peines à qui révéleroit ou recéleroit le vol. Le magicien de son côté, déploya sans succès toutes les forces de son art pour en découvrir l’auteur. Le Ciel, au mépris de ses enchantemens & de lui, tint l’œuvre secrete, de quelque part qu’elle pût venir.

Mais le tyran, furieux de se voir cacher le délit qu’il attribue toujours aux fideles, se livre contre eux à la plus ardente rage. Oubliant toute prudence, tout respect humain, il veut à quelque prix que ce soit assouvir sa vengeance. “Non, non, s’écrioit-il, la menace ne sera pas vaine : le coupable a beau se cacher, il faut qu’il meure ; ils mourront tous, & lui avec eux.”