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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/425

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se dépêche de nous annoncer. L’autre voulant s’amuser à cajoler son maître, il le hâta d’aller à coups de caducée, & Narcisse partit sur le champ. La pente est si glissante & l’on descend si facilement, que tout gouteux qu’il étoit, il arrive en un moment à la porte des enfers. A sa vue, le monstre aux cent têtes dont parle Horace, s’agite, hérisse ses horribles crins, & Narcisse accoutumé aux caresses de sa jolie levrette blanche, éprouva quelque surprise à l’aspect d’un grand vilain chien noir à long poil, peu agréable à rencontrer dans l’obscurité. Il ne laissa pas pourtant de s’écrier à haute voix : voici Claude César. Aussi-tôt une foule s’avance en poussant des cris de joie & chantant.

Il vient, réjouissons-nous.

Parmi eux étoient Caïus Silius Consul désigné, Junius Praetorius, Sextius Trallus, Hellius Trogus, Cotta Tectus,

Valens Fabius, Chevaliers Romains que Narcisse avoit tous expédiés. Au milieu de la troupe chantante étoit le pantomime Mnester à qui sa beauté avoit coûté la vie. Bientôt le bruit que Claude arrivoit parvint jusqu’à Messaline, & l’on vit accourir des premiers au-devant de lui ses affranchis Polybe, Myron, Harpocrate, Amphaeus & Peronacte, qu’il avoit envoyés devant pour préparer sa maison. Suivoient les deux préfets Justus Catonius, & Rufus fils de Pompée ; puis ses amis Saturnius Luscius, & Pedo Pompeius, & Lupus, & Celer Asinius, Consulaires. Enfin la fille de son frere, la fille de sa sœur, son gendre, son beau-pere, sa belle-mere & presque tous ses parens. Toute cette troupe accourt au-devant de Claude, qui