Ouvrir le menu principal

Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/417

Cette page n’a pas encore été corrigée


quelle foi pourra-t-il prétendre ? Qu’il réponde, & je me rend. Messieurs, messieurs, si vous donnez la divinité à de telles gens, qui diable reconnoîtra la vôtre ? En un mot, Peres Conscripts, je vous demande pour prix de ma complaisance de ma discrétion de venger mes injures. Voilà mes raisons voici mon avis.

Comme ainsi soit que le divin Claude a tué son beau-pere Appius Silanus, ses deux gendres, Pompeius Magnus & Lucius Silanus, Crassus beau-pere de sa fille, cet home si sobre,*

[*Je n’ai gueres besoin, je crois, d’avertir que ce mot est pris ironiquement. Suétone après avoir dit qu’en tout tems, en tout lieu Claude étoit toujours prêt à manger & boire, ajoute qu’un jour ayant senti de son l’odeur du dîné des Saliens, il planta là toute l’audience & courut se mettre à table avec eux.] & en tout si semblable à lui, Scribonie belle-mere de sa fille, Messaline sa propre femme, & mille autres dont les noms ne finiroient point, j’opine qu’il soit sévérement puni, qu’on ne lui permette plus de siéger en justice, qu’enfin banni sans retard il ait à vuider l’Olympe en trois jours & le Ciel en un mois.

Cet avis fut suivi tout d’une voix. A l’instant le Cyllénien*

[Mercure] lui tordant le col le tire au séjour

D’où nul, dit-on, ne retourna jamais.

En descendant par la Voie sacrée, ils trouvent un grand contours dont Mercure demande la cause. Parions, dit-il, que c’est sa pompe funebre ; & en effet, la beauté du convoi, où