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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/393

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Historien-juré ? Cependant, si j’en voulois une, je n’ai qu’à citer celui qui a vu Drusille monter au Ciel ; il vous dira qu’il a vu Claude y monter aussi tout clochant. Ne faut-il pas que cet homme voye, bon-gré malgré, tout ce qui se fait là-haut ? n’est-il pas inspecteur de la Voie Appienne par laquelle on sait qu’Auguste & Tibere sont allés se faire Dieux ? Mais ne l’interrogez que tête-à-tête ; il ne dira rien en public ; car après avoir juré dans le Sénat qu’il avoit vu l’ascension de Drusille, indigné qu’au mépris d’une si bonne nouvelle personne ne voulût croire à ce qu’il avoir vu, il protesta en bonne forme qu’il verroit tuer un homme en pleine rue qu’il n’en diroit rien. Pour moi je peux jurer par le bien que je lui souhaite qu’il m’a dit ce que je vais publier. Déjà


Par un plus court chemin l’astre qui nous éclaire
Dirigeoit à nos yeux sa course journaliere ;
Le Dieu fantasque & brun qui préside au repos,
A de plus longues nuits, prodiguoit ses pavots.
La blafarde Cynthie aux dépens de son frere,
De sa triste lueur éclairoit l’hémisphere,
Et le difforme hiver obtenoit les honneurs
De la saison des fruits & du Dieu des buveurs.
Le vendangeur tardif, d’une main engourdie,
Otoit encor du cep quelque grappe flétrie.

Mais peut-être parlerai-je aussi clairement en disant que c’étoit le treizieme d’Octobre. A l’égard de l’heure, je ne puis vous la dire exactement, mais il est à croire que là-dessus les