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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/261

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il s’étoit lié aux Grands ; mais bientôt voyant sa fortune dissipée, sa personne en danger, & suspectant la colere du Prince, il s’alla cacher en Asie, aussi près de l’exil qu’il fut ensuite du rang suprême. Unissant la mollesse à l’activité, la douceur & l’arrogance, les talens bons & mauvais, outrant la debauche dans l’oisiveté, mais ferme & courageux dans l’occasion : estimable en public, blâmé dans sa vie privée ; enfin si séduisant que ses inférieurs, ses proches ni ses égaux ne pouvoient lui résister, il lui étoit plus aisé de donner l’Empire que de l’usurper. Vespasien choisi par Néron faisoit la guerre en Judée avec trois Légions, & se montra si peu contraire à Galba qu’il lui envoya Tite son fils pour lui rendre hommage & cultiver ses bonnes graces comme nous dirons ci-après. Mais leur destin se cachoit encore, & ce n’est qu’après l’événement qu’on a remarqué les signes & oracles qui promettoient l’Empire à Vespasien, & à ses enfans.

En Egypte, c’étoit aux Chevaliers Romains au lieu des Rois, qu’Auguste avoir confié le commandement de la province & des Troupes ; précaution qui parut nécessaire dans un pays abondant en bled, d’un abord difficile, & dont le peuple changeant & superstitieux ne respecte ni magistrats ni loix. Alexandre Egyptien gouvernoit alors ce royaume. L’Afrique & ses Légions, après là mort de Macer, ayant souffert la domination particuliere étoient prêtes à se donner au premier venu. Les deux Mauritanies, la Rhétie, la Norique, la Thrace, & toutes les Nations qui n’obéissoient qu’à des