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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/170

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Trois Ecrivains de suite ont répété ce beau raisonnement : je leur demande maintenant lequel ils aiment mieux que j’accuse, ou leur esprit, de n’avoir pu pénétrer le sens très-clair ce passage, ou leur mauvaise foi, d’avoir feint de ne pas l’entendre ? Ils sont gens de Lettres, ainsi leur choix ne sera pas douteux. Mais que dirons-nous des plaisantes interprétations qu’il plaît à ce dernier adversaire de prêter à la figure de Frontispice ? J’aurois cru faire injure aux Lecteurs, & les traiter comme. des enfans, de leur interpréter une allégorie si claire ;.de leur dire que le flambeau de Prométhée est celui des Sciences fait pour animer les grands génies ; que le Satyre, qui voyant le feu pour la premiere fois, court à lui, & veut l’embrasser, représente les hommes vulgaires, qui ; séduits par l’éclat des Lettres, se livrent indiscrètement à l’étude ; que le Prométhée qui crie & les avertit du danger, est le Citoyen de Geneve. Cette allégorie est juste, belle, j’ose la croire sublime. Que doit-on penser d’un Ecrivain qui l’a méditée, & qui n’a pu parvenir à l’entendre ? On peut croire que cet homme-là n’eut pas été un grand Docteur parmi les Egyptiens ses amis.

Je prends donc la liberté de proposer à mes adversaires, & sur-tout au dernier, cette sage leçon d’un Philosophe sur un autre sujet : sachez qu’il n’y a point d’objections qui puissent faire autant de tort à votre parti que les mauvaises reposes ; sachez que si vous n’avez rien dit qui vaille, on avilira votre cause, en vous faisant l’honneur de croire qu’il n’y avoit rien de mieux à dire.

Je suis, &.

FIN.