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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/157

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ôtant les deux premieres lignes & le lisant isole, de devine s’il est tire de mes ecrits ou de ceux de mes adversaires.

Les bons livres sont la seule défense des esprits foibles, c’est-à-dire des trois quarts des hommes, contre la contagion de l’exemple. Premièrement, les Savans ne seront jamais autant, de bons livres qu’ils donnent de mauvais exemples. Secondement, il y aura toujours plus de mauvais livres que de bons. En troisieme lieu, les meilleurs guides que les honnêtes gens puissent avoir, sont la raison & la conscience : Paucis est opus litteris ad mentem bonam. Quant à ceux qui ont l’esprit louche ou la conscience endurcie, la lecture ne peut jamais leur être bonne à rien. Enfin, pour quelque homme que ce soit, il n’y a de livres nécessaires que ceux de la Religion, les seuls que je n’ai jamais condamnes.

On prétend nous faire regretter l’éducation des Perses. Remarquez que c’est Platon qui prétend cela. J’avois cru me faire une sauve- garde de l’autorité de ce Philosophe : mais je vois que rien ne me peut garantir de l’animosité de mes adversaires :Tros Rutulusve fuat ; ils aiment mieux se percer l’un l’autre, que me donner le moindre quartier, & se sont plus de mal qu’a moi. *

[*Il me passe par la tête un nouveau projet de défense, & je ne réponds pas que je n’aye encore la foiblesse de l’exécuter quelque jour. Cette défense ne sera composée que de raisons tirées des Philosophes ; d’ou il s’ensuivra qu’ils ont tous été des bavards comme je le pretends, si l’on trouve leurs raisons mauvaises ; ou que j’ai cause gagnées, si on les trouve bonnes.] Cette éducation etoit, dit-on, sondée sur des principes barbares ; parce qu’on donnoit un maître pour l’exercice de chaque vertu, quoique la vertu soit indivisible, parce