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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/113

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de me faire connoître & aimer ; demandez-lui pour vous cette humilité profonde que vous devez me prêcher. N’étalez point à mes yeux cette Science orgueilleuse, ni ce faste indécent qui vous déshonorent & qui me revotent ; soyez touches, vous-même, si vous voulez que je le fois ; & sur-tout, montrez-moi dans votre conduite la pratique de cette Loi dont vous prétendez m’instruire. Vous n’avez pas besoin d’en savoir, ni de m’en enseigner davantage, & votre ministère est accompli. Il n’est point en tout cela question de belles-Lettres, ni de Philosophie. C’est ainsi qu’il convient de suivre & de prêcher l’Evangile, & c’est ainsi que ses premiers défenseurs sont fait triompher de routes les Nations, non Aristotelico more, disoient les Peres de l’Eglise, sed Piscatorio. *

[* Notre foi, dit Montagne, ce n est pas notre acquêt. Ce n’est pas discours ou par notre entendement que nous avons reçeu notre Religion, c’est par autorité & par commandement etranger. La foiblesse de notre jugement nous y aide plus que la force, & notre aveuglement plus que notre clair-voyance. C’est par l’entremise de notre ignorance que nous sommes savans. Ce n’est pas merveille, si nos moyens naturels & terrestres ne peuvent concevoir cette connoissance supernaturelle & céleste : apportons-y seulement du notre, l’obéissance & la seulement du notre, l’obéissance & la subjection ; car, comme il est écrit ; je détruirai la sapience des sages, & abattrai la prudence des prudens.]

Je sens que je deniers long, mais j’ai cri, ne pouvoir me dispenser de m’étendre un peu sur un point de l’importance de celui-ci. De plus, les Lecteurs impatiens doivent faire réflexion que c’est une chose bien commode que la critique ; car ou l’on attaqua avec un mot, il faut des pages pour se défendre.

Je passe à la deuxieme partie de la Réponse, sur laquelle je