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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/559

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loix, la Comédie florissante & fréquentée ; supposons enfin notre, Ville dans l’etat où vous dites qu’ayant des mœurs & des Spectacles, elle reuniroit les avantages des uns & des autres : avantages au reste qui me semblent peu compatibles, car celui des Spectacles n’étant que de suppléer aux mœurs est nul par-tout où les mœurs existent.

Le premier effet sensible de cet établissement sera, comme je l’ai déjà dit, une révolution dans nos usages, qui en produira nécessairement une dans nos mœurs. Cette révolution sera - t - elle bonne ou mauvaise ? C’est ce qu’il est tems d’examiner.

Il n’y a point d’Etat bien constitué où l’on rie trouve des usages qui tiennent à la forme du gouvernement & servent à la maintenir. Tel étoit, par exemple, autrefois à Londres celui des coteries, si mal-à-propos tournées en dérision par les Auteurs du Spectateur ; à ces coteries, ainsi devenues ridicules ont succède les cafés & les mauvais lieur. Je doute que le Peuple Anglois ait beaucoup gagne au change. Lies coteries semblables sont maintenant établies à Geneve sous le nom de cercles, & j’ai lieu, Monsieur, de juger par votre Article que vous n’avez point observe sans estime le ton de sens & de raison qu’elles y sont régner. Cet usage est ancien parmi nous, quoique son nom ne le fait pas. Les coteries existoient dans mon enfance sous le nom de sociétés ; mais la forme en étoit moins bonne & moins régulière. L’exercice des armes qui nous rassemble tous les printems, les divers prix qu’on tire une partie de l’année, les, fêtes militaires que ces prix occasionnent, le goût de la chasse commun,