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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/384

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Ajoutez une réflexion. Ces droits si judicieusement combinés, ces droits réclamés par les Représentans en vertu des Edits, vous en jouissiez sous la souveraineté des Evêques, Neuchâtel en jouit sous ses Princes, & à vous, Républicains, on veut les ôter ! Voyez les Articles X, XI, & plusieurs autres des franchises de Geneve dans l’Acte d’Ademarus Fabri. Ce monument n’est pas moins respectable aux Genevois que ne l’est aux Anglois la grande Chartre encore plus ancienne, & je doute qu’on fût bien venu chez ces derniers à parler de leur Chartre avec autant de mépris que l’Auteur des Lettres ose en marquer pour la vôtre.

Il prétend qu’elle a été abrogée par les Constitutions de la République.*

[*C’étoit par une Logique toute semblable qu’en 1742 on n’eut aucun égard au traité de Soleure de 1579, soutenant qu’il étoit suranné, quoiqu’il fût déclaré perpétuel dans l’Acte même, qu’il n’ait jamais été abrogé par aucun autre, & qu’il ait été rappelé plusieurs fois, notamment dans l’Acte de la Médiation.] Mais au contraire je vois très-souvent dans vos Edits ce mot, comme d’ancienneté, qui renvoie aux usages anciens, par conséquent aux droits sur lesquels ils étoient fondés ; & comme si l’Evêque eût prévu que ceux qui devoient protéger les franchises les attaqueroient, je vois qu’il déclare dans l’Acte même qu’elles seront perpétuelles, sans que le non usage ni aucune prescription les puisse abolir. Voici, vous en conviendrez, une opposition bien singulière. Le savant Syndic Chouet dit dans son Mémoire à Milord Townsend que le peuple de Geneve entra, par la Réformation, dans les droits de l’Evêque, qui étoit Prince temporel & spirituel de cette Ville : l’Auteur des Lettres nous assure