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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/376

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ont été dans tous les tems aussi pleines de sagesse que de courage ; jamais elles ne furent insolentes ni lâches ; on y a quelquefois juré de mourir pour la patrie ; mais je défie qu’on m’en cite un seul, même de ceux où le Peuple a le plus influé, dans lequel on ait par étourderie indisposé les Puissances voisines, non plus qu’un seul où l’on ait rampé devant elles. Je ne ferois pas un pareil défi pour tous les arrêtés du petit Conseil : mais passons. Quand il s’agit de nouvelles résolutions à prendre, c’est aux Conseils inférieurs de les proposer, au Conseil général de les rejeter ou de les admettre ; il ne peut rien faire de plus ; on ne dispute pas de cela : cette objection porte donc à faux.

5. Celle de jetter du doute & de l’obscurité sur toutes les Loix, n’est pas plus solide, parce qu’il ne s’agit pas ici d’une interprétation vague, générale, & susceptible de subtilités ; mais d’une application nette & précise d’un fait à la Loi. Le Magistrat peut avoir ses raisons pour trouver obscure une chose claire ; mais cela n’en détruit pas la clarté. Ces Messieurs dénaturent la question. Montrer par la lettre d’une Loi qu’elle a été violée, n’est pas proposer des doutes sur cette Loi. S’il y a dans les termes de la Loi un seul sens selon lequel le fait soit justifié, le Conseil, dans sa réponse, ne manquera pas d’établir ce sens. Alors la Représentation perd sa force, & si l’on y persiste, elle tombe infailliblement en Conseil général. Car l’intérêt de tous est trop grand, trop présent, trop sensible, sur-tout dans une Ville de commerce, pour que la généralité veuille jamais ébranler l’autorité, le Gouvernement, la Législation, en prononçant qu’une