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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/372

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sont-elles naturelles à gens qui viennent d’être unanimement du même avis ?

Ainsi donc, pour arracher cet Edit de révocation, l’on usa de terreur, de surprise, vraisemblablement de fraude, & tout au moins, on viola certainement la Loi. Qu’on juge si ces caractères sont compatibles avec ceux d’une Loi sacrée, comme on affecte de l’appeler ?

Mais supposons que cette révocation soit légitime, & qu’on n’en ait pas enfreint les conditions :*

[*Ces conditions portent qu’aucun changement à l’Edit n’aura force, qu’il n’ait été approuvé dans ce souverain Conseil. Reste donc à savoir si les infractions de l’Edit ne sont pas des changemens à l’Edit ?] quel autre effet peut-on lui donner, que de remettre les choses sur le pied où elles étoient avant l’établissement de la Loi révoquée ? & par conséquent, la Bourgeoisie dans le droit dont elle étoit en possession ? Quand on casse une transaction, les Parties ne restent-elles pas comme elles étoient avant qu’elle fût passée ?

Convenons que ces Conseils généraux périodiques n’auroient eu qu’un seul inconvénient, mais terrible ; c’eût été de forcer les Magistrats & tous les Ordres de se contenir dans les bornes de leurs devoirs & de leurs droits. Par cela seul je sais que ces assemblées si effarouchantes ne seront jamais rétablies, non plus que celles de la Bourgeoisie par compagnies ; mais aussi n’est-ce pas de cela qu’il s’agit : je n’examine point ici ce qui doit, ou ne doit pas se faire, ce qu on fera, ni ce qu’on