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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/348

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sans eux, il est moins que n’étoit le Deux-Cent même lorsqu’il fut présidé par l’Auditeur Sarrazin.

Voilà, je crois, la seule manière raisonnable d’expliquer le silence des Edits sur le pouvoir du Conseil ; mais ce n’est pas celle qu’il convient aux Magistrats d’adopter. On eût prévenu dans le Règlement leurs singulières interprétations, si l’on eût pris une méthode contraire, & qu’au lieu de marquer les droits du Conseil général, on eût déterminé les leurs. Mais pour n’avoir pas voulu dire ce que n’ont pas dit les Edits, on a fait entendre ce qu’ils n’ont jamais supposé.

Que de choses contraires à la liberté publique & aux droits des Citoyens & Bourgeois, & combien n’en pourrois-je pas ajouter encore ! Cependant tous ces désavantages qui naissoient ou sembloient naître de votre Constitution & qu’on n’auroit pu détruire sans l’ébranler, ont été balancés & réparés avec la plus grande sagesse par des compensations qui en naissoient aussi ; & telle étoit précisément l’intention des Médiateurs, qui, selon leur propre déclaration, fut de conserver à chacun ses droits, ses attributions particulières, provenant de la Loi fondamentale de l’Etat. M. Micheli Du Cret, aigri par ses malheurs contre cet ouvrage, dans lequel il fut oublié, l’accuse de renverser l’institution fondamentale du Gouvernement & de dépouiller les Citoyens & Bourgeois de leurs droits ; sans vouloir voir combien de ces droits, tant publics que particuliers, ont été conservés ou rétablis par cet Edit, dans les Articles III, IV, X, XI, XII, XXII, XXX, XXXI, XXXII, XXXIV ; XLII, & XLIV ; sans songer sur-tout que la force de tous ces articles dépend d’un seul