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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/346

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Or je demande qu’on me montre dans vos Edits où il est dit que le petit Conseil est le Gouvernement ; & en attendant je vais vous montrer, moi, où il est dit tout le contraire. Dans l’Edit politique de 1568, je trouve le préambule conçu dans ces termes. Pour ce que le Gouvernement & Estat de cette Ville consiste par quatre Syndicques, le Conseil des vingt-cinq, le Conseil des soixante, des Deux-Cents, du Général, & un Lieutenant en la justice ordinaire, avec autres offices, selon que bonne police le requiert, tant pour l’administration du bien publie que de la justice, nous avons recueilli l’ordre qui jusqu’ici a été observé… afin qu’il soit gardé à l’avenir… comme s’ensuit !

Dès l’Article premier de l’Edit de 1738, je vois encore que cinq Ordres composent le Gouvernement de Genève. Or de ces cinq Ordres les quatre Syndics tout seuls en font un ; le Conseil des Vingt-cinq, où sont certainement compris les quatre Syndics, en fait un autre, & les Syndics entrent encore dans les trois suivans. Le petit Conseil sans les Syndics n’est donc pas le Gouvernement.

J’ouvre l’Edit de 1707, & j’y vois à l’Article V, en propres termes, que Messieurs les Syndics ont la direction & le Gouvernement de l’Etat. À l’instant je ferme le Livre, & je dis : certainement selon les Edits le petit Conseil sans les Syndics n’est pas le Gouvernement, quoique l’Auteur des Lettres affirme qu’il l’est.

On dira que moi-même j’attribue souvent dans ces Lettres le Gouvernement au petit Conseil. J’en conviens ; mais c’est au petit Conseil présidé par les Syndics ; & alors il est certain