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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/324

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Rien n’est plus facile à sentir par l’examen des articles dont le Conseil se prévaut, & de ceux qu’il veut éluder. Souvenez-vous, Monsieur, de l’esprit dans lequel j’entreprends cet examen. Loin de vous conseiller de toucher à l’Edit de la Médiation, je veux vous faire sentir combien il vous importe de n’y laisser porter nulle atteinte. Si je parois critiquer quelques articles, c’est pour montrer de quelle conséquence il seroit d’ôter ceux qui les rectifient. Si je parois proposer des expédiens qui ne s’y rapportent pas, c’est pour montrer la mauvaise foi de ceux qui trouvent des difficultés insurmontables où rien n’est plus aisé que de lever ces difficultés. Après cette explication j’entre en matière sans scrupule, bien persuadé que je parle à un homme trop équitable pour me prêter un dessein tout contraire au mien.

Je sens bien que si je m’adressois aux étrangers, il conviendroit, pour me faire entendre, de commencer par un tableau de votre constitution ; mais ce tableau se trouve déjà tracé suffisamment pour eux dans l’article Geneve de M. d’Alembert, & un exposé plus détaillé seroit superflu pour vous qui connoissez vos Loix politiques mieux que moi-même, ou qui du moins en avez vu le jeu de plus près. Je me borne donc à parcourir les articles du règlement qui tiennent à la question présente, & qui peuvent le mieux en fournir la solution.

Dès le premier je vois votre Gouvernement composé de cinq ordres subordonnés, mais indépendans, c’est-à-dire, existans nécessairement, dont aucun ne peut donner atteinte aux droits & attributs d’un autre ; & dans ces cinq ordres