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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/283

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On commence par me traiter à tous égards comme un malfaiteur, qui n’a plus d’honneur à perdre, & qu’on ne petit punit désormois que dans son corps ; & puis on dit tranquillement que je reste dans toutes mes exceptions & défenses ! Mais comment ces exceptions & défenses effaceront-elles l’ignominie & le mal qu’on m’aura fait souffrir d’avance & dans mon Livre & dans ma personne, quand j’auroi été promené dans les rues par des Archers, quand aux maux qui m’accablent, on aura pris soin d’ajouter les rigueurs de la prison ? Quoi donc ! pour être juste doit-on confondre dans la même classe & dans le même traitement toutes les fautes & tous les hommes ? Pour un acte de franchise, appelé maladresse, faut-il débuter par traîner un Citoyen sans reproche dans les prisons comme un scélérat ? Et quel avantage aura donc devant les Juges l’estime publique & l’intégrité de la vie entiere, si cinquante ans d’honneur vis-à-vis du moindre indice*

[* Il y auroit, à l’examen, beaucoup à rabattre des présomptions que l’Auteur des Lettres affecte d’accumuler contre moi. Il dit, par exemple, que les Livres déférés paroissoient sous le même format que mes autres Ouvrages. Il est vrai qu’ils étoient in-douze & in-octavo : sous quel format sont donc ceux des autres Auteurs ? Il ajoute qu’ils étoient imprimés par le même Libraire ; voilà ce qui n’est pas. L’émile fut imprimé par des Libraires différens du mien, & avec des caracteres qui n’avoient servi à nul autre de mes Ecrits. Ainsi l’indice qui résultoit de cette confrontation, n’étoit point contre moi, il étoit à ma décharge. ] ne sauvent un homme d’aucun affront ?

" La comparaison d’émile & du Contrat Social avec d’autres Ouvrages qui ont été tolérés, & la partialité qu’on en prend occasion de reprocher au Conseil, ne me semblent