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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/272

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présent qui censure la discipline ?*

[* Page 17] C’est-à-dire, en d’autres termes, doit-on procéder contre un homme qui n’attaque point les Loix, & qui vit hors de leur jurisdiction, avec autant de douceur que contre un homme qui vit sous leur jurisdiction & qui les attaque ?"Il ne sembleroit pas, en effet, que cela dût faire une question. Voici, j’en suis sûr, la premiere fois qu’il a passé par l’esprit humain d’aggraver la peine d’un coupable, uniquement parce que le crime n’a pas été commis dans l’Etat.

"À la vérité, continue-t-il, on remarque dans les Représentations à l’avantage de M. Rousseau, que Morelli avoit écrit contre un point de discipline, au lieu que les Livres de M. Rousseau, au sentiment de ses juges, attaquent proprement la Religion. Mais cette remarque pourroit bien n’être pas généralement adoptée ; & ceux qui regardent la Religion comme l’ouvrage de Dieu, & l’appui de la constitution, pourront penser qu’il est moins permis de l’attaquer que des points de discipline, qui, n’étant que l’ouvrage des hommes, peu vent être suspects d’erreurs, & du moins susceptibles d’une infinité de formes & de combinaisons différentes. "*

[*Page 18. ]

Ce discours, je vous l’avoue, me paroîtroit tout au plus passable dans la bouche d’un Capucin, mais il me choqueroit fort sous la plume d’un Magistrat. Qu’importe que la remarque des Représentans ne soit pas généralement adoptée,