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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/270

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Représentans, ajoute : mais ces maximes ne sont pas celles de nos Loix ; & un moment après il ajoute encore, que ceux qui inclinent à une pleine tolérance pourroient tout an plus critiquer le Conseil de n’avoir pas, dans ce cas, fait taire une Loi dont l’exercice ne leur paroît pas convenable. *

[* Page 23. ] Cette conclusion doit surprendre, après tant d’efforts pour prouver que la seule Loi, qui paroît s’appliquer à mon délit, ne s’y applique pas nécessairement. Ce qu’on reproche au Conseil, n’est point de n’avoir pas fait taire une Loi qui existe, c’est d’en avoir fait parler une qui n’existe pas.

La Logique employée ici par l’Auteur, me paroît toujours nouvelle. Qu’en pensez-vous, Monsieur ? connoissez-vous beaucoup d’argumens dans la forme de celui-ci ?

La Loi force le Conseil à sévir contre l’Auteur du Livre ?

Et où est-elle cette Loi qui force le Conseil à sévir contre l’Auteur du Livre ?

Elle n’existe pas, à la vérité : mais il en existe une autre, qui, ordonnant de traiter avec douceur celui qui dogmatise, ordonne par conséquent de traiter avec rigueur l’Auteur dont elle ne parle point.

Ce raisonnement devient bien plus étrange encore pour qui sait que ce fut comme Auteur & non comme Dogmatiseur que Morelli fut poursuivi ; il avoit aussi fait un Livre, & ce fut pour ce Livre seul qu’il fut accusé. Le corps du délit, selon la maxime de notre Auteur, étoit dans le Livre même ; l’Auteur n’avoit pas besoin d’être entendu ; cependant il le fut, & non-seulement on l’entendit, mais on l’attendit ; on suivit de