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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/220

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Et lorsque je reprends la parole, voici ce que j’ajoute encore à la fin.

"J’ai transcrit cet Ecrit, non comme une regle des sentimens qu’on doit suivre en matiere de Religion, mais comme un exemple de la maniere dont on peut raisonner avec son Eleve pour ne point s’écarter de la méthode que j’ai tache d’établir. Tant qu’on ne donne rien à l’autorité des hommes ni aux préjugés des pays où l’on est né, les seules lumieres de la raison ne peuvent, dans l’institution de la Nature, nous mener plus loin que la Religion naturelle, & c’est à quoi je me borne avec mon émile. S’il en doit avoir une autre, je n’ai plus en cela le droit d’être son guide ; c’est à lui seul de la choisir. "*

[* Emile. T. III. p. 204. ]

Quel est après cela l’homme assez impudent pour m’oser taxer d’avoir nié les miracles qui ne sont pas même niés dans cet Ecrit ? Je n’en ai pas parlé ailleurs. *

[* J’en ai parlé depuis dans ma Lettre à M. de Beaumont : mais outre qu’on n’a rien dit sur cette Lettre, ce n’est pas sur ce qu’elle contient qu’on peut fonder les procédures faites avant qu’elle ait paru. ]

Quoi ! parce que l’Auteur d’un Ecrit publié par un autre y introduit un raisonneur qu’il désapprouve, *

[* Emile. T. III. p. 151] & qui dans une dispute rejette les miracles, il s’ensuit de-là que non seulement l’Auteur de cet Ecrit, mais l’Editeur, rejette aussi les miracles ? Que tissu de témérités ! Qu’on se permette de telles présomptions dans la chaleur d’une querelle littéraire, cela est très-blâmable & trop commun ; mais les prendre pour des preuves dans les Tribunaux ! Voilà une jurisprudence à faire