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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/182

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parce que l’Auteur n’a pas d’avance admis dans ses Livres les prétendus articles de foi qu’ils ont bâtis après coup pour le tourmenter.

Comment les suivre dans ces multitudes de points sur les quels ils m’ont attaqué ? comment rassembler tous leurs libelles ? comment les lire ? qui peut aller trier tous ces lambeaux, tout ces guenilles, chez les fripiers de Geneve ou dans le fumier du Mercure de Neufchâtel ? Je me perds, je m’embourbe au milieu de tant de bêtises. Tirons de ce fatras un seul article pour servir d’exemple, leur article le plus triomphant, celui pour lequel leurs Prédicants*

[*Je n’aurois point employé ce terme, que je trouvois déprisant, si l’exempt du Conseil de Geneve, qui s’en servoit en écrivant au Cardinal de Fleury, n’eût appris que mon scrupule étoit mal fonde. ] se sont mis en campagne, & dont ils ont fait le plus de bruit : les miracles.

J’entre dans un long examen. Pardonnez-m’en l’ennui, je vous supplie. Je ne veux discuter ce point si terrible que pour vous épargner ceux sur lesquels ils ont moins insiste.

Ils disent donc : "J. J. Rousseau n’est pas Chrétien, quoiqu’il se donne pour tel ; car nous, qui certainement le sommes, ne pensons pas comme lui. J. J. ne croit point à la Révélation, quoiqu’il dise y croire : en voici la preuve."

"Dieu ne révele pas sa volonté immédiatement à tous les hommes. Il leur parle par ses Envoyés ; & ces Envoyés ont pour preuve de leur mission les miracles. Donc quiconque rejette les miracles, rejette les Envoyés de Dieu ;