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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/177

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dis ; dans un Livre où la vérité, l’utilité, la nécessité de, la Religion en général est établie avec la plus grande force, où, sans donner aucune exclusion,*

[ *J’exhorte tout lecteur équitable à relire & peser dans l’émile ce qui suit immédiatement la profession de foi du Vicaire, & où je reprends la parole. ] l’Auteur préfere la Religion Chrétienne à tout autre culte, & la Réformation évangélique à toute autre Secte, comment se peut-il que cette même Réformation soit attaquée ? Cela paroît difficile à concevoir. Voyons cependant.

J’ai prouvé ci-devant en général, & je prouverai plus en détail ci-après, qu’il n’est pas vrai que le Christianisme soit attaqué dans mon Livre. Or, lorsque les principes communs ne sont pas attaqués, on ne petit attaquer en particulier aucune Secte que de deux manieres ; savoir, indirectement, en soutenant les dogmes distinctifs de ses adversaires ; ou directement, en attaquant les siens.

Mais comment aurois-je soutenu les dogmes distinctifs des Catholiques, puisqu’au contraire ce sont les seuls que j’aie attaqués, & puisque c’est cette attaque même qui a soulevé contre moi le parti Catholique, sans lequel il est sûr que les Protestans m’auroient rien dit ? Voilà, je l’avoue, une des choses les plus étranges dont on ait jamais oui parler ; mais elle n’en est pas moins vraie. Je suis Confesseur de la Foi Protestante à Paris, & c’est pour cela que je le suis encore à Geneve.

Et comment aurois-je attaqué les dogmes distinctifs des Protestans, puisque au contraire ce sont ceux que j’ai soutenus