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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/171

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Soit que l’on considere l’état politique de votre République lorsque la Réformation fut instituée, soit que l’on pese les termes de vos anciens Edits par rapport à la Religion qu’ils prescrivent, on voit que la Réformation est par-tout mise en opposition avec l’Eglise Romaine, & que les Loix n’ont pour objet que d’abjurer les principes & le culte de celle-ci, destructifs de la liberté dans tous les sens.

Dans cette position particuliere l’Etat n’existoit, pour ainsi dire, que par la séparation des deux Eglises, & la République étoit anéantie si le Papisme reprenoit le dessus. Ainsi la Loi qui fixoit le culte évangélique, n’y considéroit que l’abolition du culte Romain. C’est ce qu’attestent les invectives, même indécenes, qu’on voit contre celui-ci dans vos premieres Ordonnances, & qu’on a sagement retranchées dans la suite, quand le même danger n’existoit plus : c’est ce qu’atteste aussi le serment du Consistoire, lequel consiste uniquement à empêcher toutes idolâtries, blasphêmes, dissolutions, & autres choses contrevenantes à l’honneur de Dieu & à la Réformation de l’Evangile. Tels sont les termes de l’Ordonnance passée en 1562. Dans la revue de la même Ordonnance en 1576, on mit à la tête du serment de veiller sur tous scandales : *

[*Ordon. Ecclés. Tit. III. Art LXXV. ] ce qui montre que dans la premiere formule du serment, on m’avoit pour objet que la séparation de l’Eglise Romaine. Dans la suite on pourvut encore à la police : cela est naturel quand un établissement commence à prendre de la consistance ; mais enfin, dans l’une & dans