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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/151

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pour nous qu’elle ne l’ait point été du tout. Qui soit si les choses que nous n’y comprenons pas, ne sont point des fautes glissées dans le texte ? Qui soit si des Disciples, si fort inférieurs à leur Maître, l’ont bien compris & bien rendu par-tout ? Nous ne décidons point là-dessus, nous ne présumons pas même, & nous ne vous proposons des conjectures que parce que vous l’exigez. "

"Nous pouvons nous tromper dans nos idées, mais vous pouvez aussi vous tromper dans les vôtres. Pourquoi ne le pourriez-vous pas, étant hommes ? Vous pouvez avoir autant de bonne-foi que nous, mais vous n’en sauriez avoir davantage : vous pouvez être plus éclairés, mais vous n’êtes pas infoillibles. Qui jugera donc entre les deux partis ? Sera-ce vous ? cela n’est pas juste. Bien moins sera-ce nous, qui nous défions si fort de nous-mêmes. Laissons donc cette décision au juge commun qui nous entend ; & puisque nous sommes d’accord sur les règles de nos devoirs réciproques, supportez-nous sur le reste comme nous vous supportons. Soyons hommes de paix, soyons freres ; unissons-nous dans l’amour de notre commun Maître, dans la pratique des vertus qu’il nous prescrit. Voilà ce qui fait le vrai Chrétien. "

"Que si vous vous obstinez à nous refuser ce précieux titre après avoir tout fait pour vivre fraternellement avec vous, nous nous consolerons de cette injustice, en songeant que les mots ne sont pas les choses, que les premiers Disciples de Jésus ne prenoient point le nom de Chrétiens, que le martyr Etienne ne le porta jamais,