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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/106

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mauvais qu’on ne supprime pas les objections qui les embarrassent. Mais pour la bonne foi pure & simple, je demande laquelle de la mienne ou de la vôtre est la plus facile à trouver ici ?

Plus j’avance, plus les points à traiter deviennent intéressants. Il faut donc continuer à vous transcrire. Je voudrois dans des discussions de cette importance ne pas omettre un de vos mots.

On croiroit qu’après les plus grands efforts pour décréditer les témoignages humains qui attestent la révélation chrétienne, le même Auteur y défere cependant de la maniere la plus positive, la plus solemnelle.

On auroit raison, sans doute, puisque je tiens pour révélée toute doctrine où je reconnois l’esprit de Dieu. Il faut seulement ôter l’amphibologie de votre phrase : car si le verbe rélatif y défere se rapporte à la révélation Chrétienne, vous avez raison ; mais s’il se rapporte aux témoignages humains, vous avez tort. Quoi qu’il en soit, je prends acte de votre témoignage contre ceux qui osent dire que je rejette toute révélation : comme si c’étoit rejetter une doctrine, que de la reconnoître sujette à des difficultés insolubles à l’esprit humain ; comme si c’étoit la rejetter, que ne pas l’admettre sur le témoignage des hommes, lorsqu’on a d’autres preuves équivalentes ou supérieures qui dispensent de celle-là. Il est vrai que vous dites conditionnellement, on croiroit ; mais on croiroit signifie on croit, lorsque la raison d’exception pour ne pas croire se réduit à rien, comme on verra ci-après de la vôtre. Commençons par la preuve affirmative.