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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t2.djvu/513

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LETTRE XVII. DE MDE. D’ORBE À L’AMANT DE JULIE.

Votre amante n’est plus ; mais j’ai retrouvé mon amie, & vous en avez acquis une dont le cœur peut vous rendre beaucoup plus que vous n’avez perdu. Julie est mariée, & digne de rendre heureux l’honnête homme qui vient d’unir son sort au sien. Apres tant d’imprudences, rendez grâces au Ciel qui vous a sauvés tous deux, elle de l’ignominie, & vous du regret de l’avoir déshonorée. Respectez son nouvel état ; ne lui écrivez point ; elle vous en prie. Attendez qu’elle vous écrive ; c’est ce qu’elle fera dans peu. Voici le tems où je vais connoître si vous méritez l’estime que j’eus pour vous, & si votre cœur est sensible à une amitié pure, & sans intérêt.