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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t2.djvu/347

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le cœur ne sera point à d’autres. Je ne puis rien te dire de plus, dans la dépendance où le Ciel m’a placée. Mais après t’avoir recommandé la fidélité, il est juste de te laisser de la mienne le seul gage qui soit en mon pouvoir. J’ai consulté, non mes devoirs, mon esprit égaré ne les connoît plus, mais mon cœur, derniere regle de qui n’en sauroit plus suivre ; & voici le résultat de ses inspirations. Je ne t’épouserai jamais sans le consentement de mon pere, mais je n’en épouserai jamais un autre sans ton consentement : je t’en donne ma parole ; elle me sera sacrée, quoi qu’il arrive & il n’y a point de force humaine qui puisse m’y faire manquer. Sois donc sans inquiétude sur ce que je puis devenir en ton absence. Va, mon aimable ami, chercher sous les auspices du tendre amour un sort digne de le couronner. Ma destinée est dans tes mains autant qu’il a dépendu de moi de l’y mettre & jamais elle ne changera que de ton aveu.