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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t2.djvu/191

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LETTRE XLI. REPONSE.

J’ai manqué de mémoire & toi de confiance, ma chere enfant ; nous avons eu grand tort toutes deux, mais le mien est impardonnable. Je tâcherai du moins de le réparer. Babi, qui te porte cette lettre est chargée de pourvoir au plus pressé. Elle retournera demain matin pour t’aider à congédier ce Monsieur, s’il revient ; & l’après dînée nous irons te voir, ma cousine & moi ; car je sais que tu ne peux pas quitter ton pauvre pere, & je veux connoître par moi-même l’état de ton petit ménage.

Quant à Claude Anet, n’en sois point en peine ; mon pere est absent ; mais en attendant son retour on fera ce qu’on pourra, & tu peux compter que je n’oublierai ni toi ni ce brave garçon. Adieu, mon enfant, que le bon Dieu te console. Tu as bien fait de n’avoir pas recours à la bourse publique ; c’est ce qu’il ne faut jamais faire tant qu’il reste quelque chose dans celle des bonnes gens.