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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t2.djvu/178

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tous trois dans la chambre de la cousine. C’est là, mon féal, qu’à genoux devant votre Dame & maîtresse, vos deux mains dans les siennes, & en présence de son Chancelier, vous lui jurerez foi & loyauté à toute épreuve, non pas à dire amour éternel, engagement qu’on n’est maître ni de tenir ni de rompre ; mais vérité, sincérité, franchise inviolable. Vous ne jurerez point d’être toujours soumis, mais de ne point commettre acte de félonie, & de déclarer au moins, la guerre avant de secouer le joug. Ce faisant, aurez l’accolade, & serez reconnu vassal unique & loyal Chevalier.

Adieu, mon bon ami, l’idée du souper de ce soir m’inspire de la gaieté. Ah ! qu’elle me sera douce quand je te la verrai partager !

LETTRE XXXVI. DE JULIE.

Baise cette lettre & saute de joie pour la nouvelle que je vais t’apprendre ; mais pense que pour ne point sauter & n’avoir rien à baiser, j’en y suis pas la moins sensible. Mon pere obligé d’aller à Berne pour son proces, & de-là à Soleure pour sa pension, a proposé à ma mere d’être du voyage ; & elle l’a accepté espérant pour sa santé quelque effet salutaire du changement d’air. On vouloit me faire la grâce de m’emmener aussi, & je ne jugeai pas à propos de dire ce que j’en