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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/96

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exactitude ; je fis très vite & très mal. J’envoyai ce misérable croquis à M. le duc de Richelieu, comptant qu’il ne serviroit pas, ou que je le corrigerais. Heureusement il est entre vos mains, vous en êtes le Maître absolu ; j’ai perdu entièrement tout cela de vue. Je ne doute pas que vous n’ayez rectifié toutes les fautes échappées nécessairement dans une composition si rapide d’une simple esquisse, que vous n’ayez suppléé à tout. "

"Je me souviens qu’entre autres balourdises, il n’est pas dit, dans ces scènes qui lient les divertissements, comment la princesse Grenadine passe tout d’un coup d’une prison dans un jardin ou dans un palais. Comme ce n’est point un magicien qui lui donne des fêtes, mais un seigneur espagnol, il me semble que rien ne doit se faire par enchantement. Je vous prie, monsieur, de vouloir bien revoir cet endroit, dont je n’ai qu’une idée confuse."

"Voyez s’il est nécessaire que la prison s’ouvre & qu’on fasse passer notre princesse de cette prison dans un beau palois doré & verni, préparé pour elle. Je sais très bien que tout cela est fort misérable & qu’il est au-dessous d’un être pensant de faire une affaire sérieuse de ces bagatelles ; mais enfin, puisqu’il s’agit de déplaire le moins qu’on pourra, il faut mettre le plus de raison qu’on peut, même dans un mauvais divertissement d’opéra. "

"Je me rapporte de tout à vous & à M. Ballod & je compte avoir bientôt l’honneur de vous faire mes remerciemens & de vous assurer, monsieur, à quel point j’ai celui d’être, etc."