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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/291

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& d’en tarir la source jusqu’à-ce que j’en fusse réduit-là.

Tout cela résumé ; ma raison fit taire enfin mon ancienne prévention qui parloit encore. Je jugeai son caractère au moins très suspect, & quant à son amitié, je la décidai fausse. Puis, résolu de ne le plus voir, j’en avertis Mde. D’

[Epina] y, appuyant ma résolution de plusieurs faits sans réplique, mais que j’ai maintenant oubliés.

Elle combattit fortement cette résolution sans savoir trop que dire aux raisons sur lesquelles elle étoit fondée. Elle ne s’étoit pas encore concertée avec lui ; mais le lendemain, au lieu de s’expliquer verbalement avec moi, elle me remit une lettre très-adroite, qu’ils avoient minutée ensemble, & par laquelle, sans entrer dans aucun détail des faits, elle le justifioit par son caractère concentré, & me faisant un crime de l’avoir soupçonné de perfidie envers son ami, m’exhortoit à me raccommoder avec lui. Cette lettre m’ébranla. Dans une conversation que nous eûmes ensuite, & où je la trouvai mieux préparée qu’elle n’étoit la premiere fois, j’achevai de me laisser vaincre, j’en vins à croire que je pouvois avoir mal jugé ; qu’en ce cas, j’avois réellement envers un ami des torts graves que je devois réparer. Bref, comme j’avois déjà fait plusieurs fois avec Diderot, avec le baron d’H[...]k, moitié gré, moitié faiblesse, je fis toutes les avances que j’avois droit d’exiger, j’allai chez G[...]comme un autre George Dandin, lui faire des excuses des offenses qu’il m’avoit faites ; toujours dans cette fausse persuasion qui m’a fait faire en ma vie mille bassesses auprès