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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/282

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fut mon Apollon, & jamais musique plus étoffée ne sortit de mes mains. Les paroles commencent par ces mots : Ecce sedes hic tonantis. (J’ai appris depuis que ces paroles étoient de Santeuil, & que M. De Linant se les étoit doucement appropriées). La pompe du début répond aux paroles & toute la suite du motet est d’une beauté de chant qui frappa tout le monde. J’avois travaillé en grand orchestre. D’

[Epina] y rassembla les meilleurs symphonistes. Mde. Bruna, chanteuse italienne, chanta le motet & fut bien accompagnée. Le motet eut un si grand succès, qu’on l’a donné dans la suite au Concert spirituel, où, malgré les sourdes cabales & l’indigne exécution, il y a eu deux fois les mêmes applaudissements. Je donnai, pour la fête de M. D’

[Epina] y, l’idée d’une espèce de pièce, moitié drame, moitié pantomime, que Mde. D’

[Epina] y composa & dont je fis encore la musique. G[...], en arrivant, entendit parler de mes succès harmoniques. Une heure après on n’en parla plus : mais du moins on ne mit plus en question, que je sache, si je savois la composition.

À peine G[...]fut-il à la C[...]e, où déjà je ne me plaisois pas trop, qu’il acheva de m’en rendre le séjour insupportable, par des airs que je ne vis jamais à personne & dont je n’avois pas même l’idée. La veille de son arrivée, on me délogea de la chambre de faveur que j’occupois, contigue à celle de Mde. D’

[Epina] y ; on la prépara pour M. G[...]& on m’en donna une autre plus éloignée. Voilà, dis-je en riant à Mde. D’

[Epina] y, comment les nouveaux venus déplacent les anciens. Elle parut embarrassée. J’en