Ouvrir le menu principal

Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/276

Cette page n’a pas encore été corrigée


chose à faire, savoir de les oublier. Il n’y avoit point eu de procédés souterrains, du moins qui fussent à ma connoissance : ce n’étoit pas comme avec Mde. D’

[Epina] y. Il me montra le plan du pere de famille. Voilà, lui dis-je, la meilleure défense du Fils naturel. Gardez le silence, travaillez cette pièce avec soin & puis jetez-la tout d’un coup au nez de vos ennemis pour toute réponse. Il le fit & s’en trouva bien. Il y avoit près de six mais que je lui avois envoyé les deux premières parties de la Julie, pour m’en dire son avis. Il ne les avoit pas encore lues. Nous en lûmes un cahier ensemble. Il trouva tout cela feuillu, ce fut son terme ; c’est-à-dire chargé de paroles & redondant. Je l’avois déjà bien senti moi-même : mais c’étoit le bavardage de la fièvre ; je ne l’ai jamais pu corriger. Les dernières parties ne sont pas comme cela. La quatrième sur-tout & la sixième, sont des chefs-d’œuvre de diction.

Le second jour de mon arrivée, il voulut absolument me mener souper chez M. d’H[...]k. Nous étions loin de compte ; car je voulois même rompre l’accord du manuscrit de chimie, dont je m’indignois d’avoir l’obligation à cet homme-là. Diderot l’emporta sur tout. Il me jura que M. d’Holbach m’aimoit de tout son cœur ; qu’il falloit lui pardonner un ton qu’il prenoit avec tout le monde & dont ses amis avoient plus à souffrir que personne. Il me représenta que refuser le produit de ce manuscrit, après l’avoir accepté deux ans auparavant, étoit un affront au donateur, qu’il n’avoit pas mérité ; & que ce refus pourroit même être mésinterprêté, comme un secret reproche d’avoir attendu si long-temps