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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/265

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de l’oublier, & quoique vous me fassiez pitié, je n’ai pu me défendre de l’amertume dont elle me remplit l’âme. Moi ! user de ruses, de finesses avec vous ! moi ! accusée de la plus noire des infamies ! Adieu, je regrette que vous ayez la..... adieu, je ne sais ce que je dis... adieu : je serai bien pressée de vous pardonner. Vous viendrez quand vous voudrez ; vous serez mieux reçu que ne l’exigeroient vos soupçons. Dispensez-vous seulement de vous mettre en peine de ma réputation. Peu m’importe celle qu’on me donne. Ma conduite est bonne, & cela me suffit. Au surplus, j’ignorois absolument ce qui est arrivé aux deux personnes qui me sont aussi chères qu’à vous."

Cette dernière lettre me tira d’un terrible embarras & me replongea dans un autre qui n’étoit guère moindre. Quoique toutes ces lettres & réponses fussent allées & venues dans l’espace d’un jour avec une extrême rapidité, cet intervalle avoit suffi pour en mettre entre mes transports de fureur, & pour me laisser réfléchir sur l’énormité de mon imprudence. Mde. d’H[...]ne m’avoit rien tant recommandé que de rester tranquille, de lui laisser le soin de se tirer seule de cette affaire, & d’éviter, sur-tout dans le moment même, toute rupture & tout éclat ; & moi, par les insultes les plus ouvertes & les plus atroces, j’allois achever de porter la rage dans le cœur d’une femme qui n’y étoit déjà que trop disposée. Je ne devois naturellement attendre de sa part qu’une réponse si fière, si dédaigneuse, si méprisante, que je n’aurois pu, sans la plus indigne lâcheté, m’abstenir de quitter sa maison sur-le-champ. Heureusement, plus adroite encore