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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/154

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eut attesté la bonté de l’ouvrage. Tous ceux qui l’entendirent en étoient enchantés, au point que dès le lendemain, dans toutes les sociétés, on ne parloit d’autre chose. M. de Cury, intendant des menus, qui avoit assisté à la répétition, demanda l’ouvrage pour être donné à la Cour. Duclos, qui savoit mes intentions, jugeant que je serois moins le Maître de ma pièce à la Cour qu’à Paris, la refusa. Cury la réclama d’autorité. Duclos tint bon ; & le débat entre eux devint si vif, qu’un jour à l’Opéra ils alloient sortir ensemble, si on ne les eût séparés. On voulut s’adresser à moi ; je renvoyai la décision de la chose à M. Duclos. Il fallut retourner à lui. M. le duc d’Aumont s’en mêla. Duclos crut enfin devoir céder à l’autorité, & la pièce fut donnée pour être jouée à Fontainebleau.

La partie à laquelle je m’étois le plus attaché & où je m’éloignois le plus de la route commune, étoit le récitatif. Le mien étoit accentué d’une façon toute nouvelle, marchoit avec le débit de la parole. On n’osa laisser cette terrible innovation ; l’on craignoit qu’elle ne révoltât les oreilles moutonnières. Je consentis que Franceuil & Jelyotte fissent un autre récitatif, mais je ne voulus pas m’en mêler.

Quand tout fut prêt & le jour fixé pour la représentation, l’on me proposa le voyage de Fontainebleau, pour voir au moins la dernière répétition. J’y fus avec Mlle. F

[el] , G[...]& je crois, l’abbé Raynal, dans une voiture de la Cour. La répétition fut passable ; j’en fus plus content que je ne m’y étois attendu. L’orchestre étoit nombreux, composé de ceux de l’Opéra & de la Musique du Roi. Jelyotte faisoit